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 DISINTEGRATION
est l’histoire d’une découverte, d’une sorte de révélation qui, soudainement, se matérialise devant les yeux de quelqu’un de nous. C’est l’histoire d’une prise de conscience, celle qui amène à ne se reconnaitre plus dans des attitudes et des modes de pensée, des valeurs et paradigmes, dans des idéaux et objectif de vie et à se demander: «qui suis-je moi? qu’est-ce que je pense? qu’est-ce que j’entends? qu’est-ce que je veux?».
Disintegration parce que cet état d’âme, qui, petit à petit, s’insinue, met en évidence que, en réalité, nous sommes (ou nous avons été jusqu’à hier) un reflet de quelque chose d’autre. Pour certains aspects, on découvre que, peut-être, nous sommes le résultat d’un lavage de cerveau auquel nous avons été soumis depuis l’enfance, dans lequel famille et société se sont combinées pas pour développer nos uniques potentialités et aspirations mais plutôt pour diriger nos rêves et objectifs dans les binaires classiques de «normalité» et de respect de règles préconstituées, pour diriger notre vie dans des voies déjà tracées. Il faut être tous égaux, avoir tous les mêmes «normales» attitudes, avoir intérêt à réaliser «normaux» objectifs de vie.
Emblématique l’exemple offert encore aujourd’hui de filles et femmes auxquelles, depuis l’enfance, est instillé sournoisement un
faux idéal de maternité à voir comme indispensable élément de réalisation féminine. Une femme ne peut pas se sentir telle sans fils. Et, d’autre part, tout concourt à faire penser que devenir mère soit beau et facile, que devenir mère fait sentir réalisée quand, de l’autre part, à l’épreuve des faits, beaucoup de mères se sentent impréparées à la réalité des choses, abandonnées au sens d’inadéquation face à la nouvelle situation et à interpréter le nouveau rôle: elle se découvrent seules. 
Et pourtant, quelque fois, il est vraiment de la solitude que beaucoup de mères apprennent, pour leurs fils, à faire face à des difficultés et à des épreuves, à l’apparence, insurmontables,
en tirant forces inattendues des angles plus cachés de leur être…

Disintegration parce il est arrivé le moment de se libérer des chaines et des blocs que nous avons longtemps laissé qu’ils nous fussent imposés; il est arrivé le moment pour descendre en nous-mêmes pour libérer la personne que nous sommes mais que nous n’avons jamais fait venir à la lumière; il est arrivé le moment de découvrir et nous prendre soin de celle profonde partie de nous, de rallumer le feu qui, sans air et sans combustible, était devenu une petite flamme

Disintegration est l’histoire d’un voyage dans les profondeurs de l’âme…
.
.. un voyage qui vient de démarrer…
révue critique

DISINTEGRATION 
Andrea Fallini

Disintegration est le titre emblématique que Barbara Zanconato a voulu donner à l’ensemble des œuvres réalisées en 2013. C’est un titre qui nous donne la possibilité de faire des analyses et interprétations à différents niveaux.
 
D’un point de vue sociologique la dés-integration (disintegration) représente la rupture de l’intégration par rapport à un groupe social, une prise de distance des paradigmes et des constructions éthiques, morales, culturelles qui sont à la base, de façon plus ou moins implicite, des comportements et des dynamiques sociales et qui touchent profondément le libre penser et agir de chacun. Famille et société sont les lieux où se développe ce procédé.

C’est dans la famille, en effet, que sont posées les bases de la dés-intégration. Famille à voir comme milieu parental, comme stricte nucleus sociale dans lequel, pour premier, il se manifeste, vers les membres plus jeunes, le phénomène d’imposition, plus ou moins consciente, d’une vision du monde et de règles aussi morales, qui ne sont pas toujours déclarées comme telles mais, plus souvent, sont vues comme habitudes et traditions séculaires (et familiales aussi), des façons de voir les choses, comme des comportements qui "toujours ont été comme ça et il est juste qu’ils restent comme ça". C’est dans ce milieu que, dès l’enfance, se réalise le mécanisme de conditionnement inconscient de la vision éthique et morale du nouveau membre, qui n’est pas reconnu capable ou digne de sa propre vision des choses et du monde, de sa propre opinion, qui puisse éventuellement mettre en discussion, si non renverser, celle commune, qui n’est pas reconnu capable de son propre goût personnel, parce que ça pourrait devenir pas pratique ou difficile le tenir en considération. Pour cette raison, ça devient pas seulement fonctionnelle mais aussi nécessaire une spécifique phase d’instruction dans laquelle marquer au niveau inconscient, graver en profondeur, les comportements, les règles morales et aussi les hiérarchies qui, après, en iront adresser l’existence dans le groupe sociale. De conséquence, le petit n’est pas vu comme un jeune adulte, avec ses propres visions et prédispositions à accepter et, si possible, développer, mais, au contraire, il est considéré et traité comme un chiot, incapable d’une sa propre élaboration du monde, à grandir, éduquer et instruire, c’est-à-dire à faire devenir adulte, selon des critères et canons prédominants et standardisés.  
Cela, surement, ne supporte pas le garçon dans le développement d’une solide estimation de soi-même, mais au contraire peut instiller le doute, le sentiment d’incapacité et d’être inadéquat à affronter la vie sans l’apprentissage des règles imposé en famille. En plus, qui ne s’adapte pas, qui ne s’homologue pas, au lieu d’être compris, accepté et stimulé dans sa diversité, termine pour devenir le mauvais, le différent, même aussi l’envieux et devient souvent objet d’actions qui se servent du sentiment de culpabilité pour chercher de le reconduire dans les rangs, en écrasant son estime de soi, déjà touchée, au-dessous de coulpes morales qui ne font qu’amplifier son insécurité.
Plus tard, c’est en société que ce procédé arrive au but. En effet, avec les copains, le garçon ne peut que rechercher l’approbation et l’acceptation, payées aux pris de la renonce à sa propre individualité, pour suivre les comportements et les logiques typiques du groupe (bande).  
Avec les éducateurs les choses ne sont pas trop différentes: la capacité et l’esprit de socialiser sont des valeurs qui sont transmis aux élèves dès petits, souvent au-delà de la limite du respect réciproque. En plus, les systèmes scolaires, basés sur moyens et méthodes d’enseignement standardisés, ont annulé le fondamental rôle de l’empathie qui pourrait, ou devrait, s’établir entre professeur et élève, à la faveur d’une mécanisation (pour ne dire pas, bureaucratisation) des procédés d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation, qui méconnaissent le principe de la diversité personnelle.
À ça vont s’ajouter aussi les moyens de communication de masse, un autre composant fondamentale de la société moderne, qui, certainement, n’aident pas et ne supportent pas le développement d’une conscience individuelle. Au contraire, la société, la communication et la publicité nous veulent, si possible, tous pareil, de façon à arriver à diriger tendances, comportements et choix (pas seulement celles d’achat). Et ça sans parler des résidus idéologiques et religieux, encore largement diffusés, qui continuent à professer notre égalité de fait et non pas seulement potentielle.
Donc, paradigmes qui, peu à peu, tous les jours, à partir de l’âge plus tendre, par des mécanismes à plusieurs niveaux, s’installent dans le garçon et masquent la lente mais continue œuvre d’effacement de sa conscience individuelle avec sa correspondante adaptation à règles et normes sociales toujours plus complexes qui ramènent chacun à un code d’identification, à un nombre, en le dépouillant de son essence unique et de sa nature humaine qui, en ce contexte, deviennent des compléments, des qualités redondantes, si non inutiles, à exercer seulement (d’ailleurs chose facultative) dans le milieu familial.

D’un point de vue plus physique et personnel, la désintégration est plus représentative du procédé de décomposition complète, de rupture de l’unité structurelle que, dans le cas de Barbara Zanconato, est à voir plus proprement sous l’optique, plus intime et psychologique, de la désagrégation d’une vision du monde sur laquelle étaient basés idéaux et espoirs, actions et comportements, c’est-à-dire les principaux éléments constitutifs de la personnalité.
Disintegration, alors, parce qu’il s’est cassé le mécanisme d’effacement de la conscience individuelle à la faveur de la vision collective qui nous voit tous pareil et donc des nombres.
Et alors l’on se rend compte de la diversité et unicité des gens et, en premier, de soi-même; de la diversité des possibilités et des situations.
L’on aperçoit que le paradigme est basé sur hypothèses et axiomes pas seulement non acceptés, mais ni moins pris en considération, même parce que jamais présentés comme tels. L’on arrive à comprendre que la vision se fonde sur principes et idéaux non pas approuvés mais absorbés par un long procédé de diffusion inconsciente. En plus, l’on voit que ces principes et idéaux sont, de façon continue, énoncés mais, aussi souvent, vidés de leur signification et, d’autre part, encore plus souvent, démentis des actions et des comportements.
La prise de conscience de ces aspects détermine la rupture (désintégration) de la vision du monde parce que l’on découvre que cette perspective, qui avait longuement dirigé comportements et sentiments, n’est plus aperçue comme la sienne mais elle ressorte comme un étranger écouté pour trop de temps. Disintegration devient alors le tournant de la vie: l’écroulement d’un système de convictions et d’une façon de voir les choses, le moment de rejet d’un corps maintenant aperçu comme étranger. C’est un moment de solitude et de découragement, dans lequel l’on règle ses comptes avec soi-même. L’on découvre que, pour trop de temps, l’on s’est oublié de nous-mêmes et de notre ressentir, perdus à la recherche d’aspirations pas nôtres, bloqués de lacets et chaines masqués d’invisibles mais très longs cordons ombilicaux, fermés entre solides barreaux qui limitaient la perception de la richesse et diversité du monde. Tout s’est cassé et, en même temps, commence une lente mais profonde descente en soi-même, à laquelle s’accompagne un aussi profond sentiment de solitude. Comme celui des mères, si au long incitées et poussées vers le rêve d’une maternité idéale, faite seulement de moments romantiques, mais qui, après, passée l’excitation de la nouvelle naissance, se retrouvent, souvent seules, à s’apercevoir que les choses ne sont pas comme elles avaient été peintes.
Mais cet aller à la recherche de nous-même offre aussi l’inestimable opportunité de s’apercevoir de la coté plus vraie de nous, de tirer de cette inépuisable source d’énergie vitale qui est présente dans la partie plus profonde de chacun.
Et c’est alors que nous arrivons à entrer en contact avec la vraie personne que nous sommes mais que nous n’avons jamais eu la façon de connaitre, avec ce coté de nous qui vraiment nous appartient et nous représente, mais que, sans nous rendre compte, pour trop de temps nous avons tenu caché, lié, bâillonné, étouffé au-dessus de couches et couches de sédiments.
Pour cette raison, Disintegration et les conséquentes décombres sont, d’une côté, un fait traumatique, même tragique, mais, d’autre côté, elles deviennent une étape inéluctable et fondamentale d’un nouvel procédé, humain et aussi artistique, de reconquête et reconstruction de sa propre identité, de sa propre personnalité, de sa propre conscience, de sa propre vision et, pour l’Artiste, même de son propre parcours créatif.  Chacun doit réorganiser le chaos qu’il a en soi-même: cette-ci la phrase programmatique cachée dans une de ses œuvres, aussi comme caché est, souvent, le chaos intérieur de beaucoup de nous. D’autre côté, ce procédé de réorganisation intérieure ne peut pas démarrer sans que les décombres soient enlevées, sans qu’il soit fait place nette de ce qu’avant il s’érigeait et maintenant est écroulé pour mettre à nu ce que d’unique et précieux était caché, et éliminer ce que maintenant n’est plus considéré apte à soutenir la structure. C’est pour ça que tout vient passé au crible d’une différente sensibilité, de façon de séparer ce que maintenant est rebut, un déchet, de ce que encore peut être utile pour nourrir la   petite flamme restée allumée et la faire devenir un feu ardent; de façon de rebâtir une nouvelle, vraiment sa propre, vision de soi-même, du monde, des choses.  

Disintegration, l’ensemble des œuvres plus récentes de Barbara Zanconato, est tout cela: un inconscient mais lucide journal intérieur dans lequel sont tracés les différents moments de ce change de perspective. C’est un parcours sincère, intime et autobiographique, mais juste pour cela, intriguant et universel parce qu’il touche droit la conscience de chacun de nous.

Intéressant, enfin, un dernier aspect: à complément des œuvres plus récentes, il y a une petite peinture du 2009, jamais présentée au public, dans laquelle l’on peut lire la parfaite symétrie entre le symbolisme présente dans l’œuvre et son successif parcours personnel, psychologique et artistique, c’est-à-dire cette Disintegration que, au temps, devait encore murir mais que sa sensibilité artistique déjà apercevait et était capable de représenter. Cet aspect introduit un nouvel intriguant élément dans notre discussion: la capacité de l’art de cueillir au-delà et de pré-annoncer, dans le sens étymologique du terme. Dans cette perspective, l’Artiste devient une sorte de sorcier, l’outil, inconscient, d’un pouvoir autonome qui se manifeste à travers son œuvre; en tant que tel, l’Artiste a la capacité de représenter ce que pas seulement il n’y a pas mais qui doit encore se matérialiser; il a la capacité de rendre visible à tous ce qui n’est pas clair ni moins à lui-même. C’est sa sensibilité, que l’on pourrait dire magique, à ouvrir des mondes et des atmosphères nouvelles, que ne sont pas encore matériellement présents.
 
Avec Barbara Zanconato l’Artiste redevient expression de la magique complexité du monde, de sa côté mystérieuse et inexplicable qui peut être aperçue par les sensations et intuitions profondes que Lui (ou Elle dans ce cas) arrive à intercepter: quand ça arrive, comme disait déjà André Breton, c’est toujours «art magique».