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GRITA!

c’est-à-dire cri, hurlement. Mais pas de douleur ou de désespoir mais un cri primordial, sauvage, qui arrive du fond de nous-mêmes, un cri de réaction contre tout ce qui, aujourd’hui, ne va pas, une réaction de rachat vers toutes ces gens qui, pour leur argent ou pour la place qui occupent, se sentent autorisés à passer sur les autres en exigeant qu’on fasse selon leur volonté et qui, si mis devant le fait, ils ne savent que se cacher arrière des phrases comme «vous ne savez pas qui je suis» ou «renseignez-vous sur votre interlocuteur» … gens qui ne savent pas que la valeur d’une personne n’est pas mesurée de l’argent ou de la position sociale mais de la capacité d’avoir respect des autres et surtout non aux mots mais aux actes…
Ce sont les
comportements qui qualifient les gens…
Gandhi, Mère Teresa de Calcutta, Saint-François ils n’avaient pas besoin de dire «vous ne savez pas qui je suis»… tous en reconnaissaient et en reconnaissent la valeur simplement parce que aux mots ils ont remplacé les actions…
«Deeds not words», des actes et non des mots, donc, ceci est ce qui détermine la valeur et la respectabilité d’une personne. «Tu es ce que tu fais»… et alors ce n’est assez de mots vides, retournons à donner leur un sens et surtout donnons un sens à ce que nous faisons.
Cohérence entre ce qu’on déclare et ce qu’on fait.
C’est sûr qu’il faut du courage à dire non; quelque fois il est plus facile baisser la tête et accepter mais, en ce moment, sommes-nous fiers de nous-mêmes ? est-ce que vivre dans la loi du silence ou selon la volonté d’autres c’est vrai vivre ?
La réponse est toujours en nous, ça suffit savoir ou vouloir l’écouter…
Et quand un jour nous saurons l’écouter il nous arrivera un «kriya», un changement, une capitulation qui nous conduira au «Grita», au cri de libération de nos vraies natures.
«Le but de la vie est le développement de nous-mêmes, la parfaite réalisation de notre nature: voilà notre raison d’être» disait Oscar Wilde. Donner un sens à nos actes est, pour cela, donner un sens à notre vie mais pour le faire il faut se libérer de tout ce que ne nous appartient pas, il faut dire non à tout ce que nous ne reconnaissons pas come à nous. Pour cela il est nécessaire un puissant «Gritaaa»…  
Cette expositions est dédiée à tous ceux qui ont envie de changer et de faire savoir que, au monde, il existe encore quelqu’un qui dit «Non»! 
 

Barbara Zanconato 
Discours inaugural de l’exposition 
Vigoleno, 1er septembre 2012


révue critique

GRITA!
Omaggio a Max Ernst
Roberto Tagliaferri

“Grita”, c’est-à-dire “cri”, “hurlement”, mais pas comme celui de Munch, qui est étranglé en bouche et il semble ne pas réussir à libérer toute l’angoisse existentielle de se découvrir jeté dans un monde hostile voté à la mort et à la vision impersonnelle de « l’on fait », de « l’on dit », sans issue, sans ports sûrs, en butte du poids d’une promise non expédié et qui a mal tourné. 

«Grita» de Zanconato est plutôt une protestation encore pleine d’espoir parce que dans l’impérieuse volonté de prendre ses distances par rapport à ce temps elle invoque quelque chose de nouveau. L’artiste s’exprime comme ça sur son exposition : «Grita est un cri primordial, sauvage qui vient du profond de nous-mêmes, un cri de réaction vers tout ce que aujourd’hui ne va pas, une réaction de rédemption vers tous ces gens qui, pour leur argent ou pour leur position sociale se sentent autorisés à passer sur les droits des autres en exigeant qu’on fasse selon leur volonté et qui, si mis devant le fait, ils ne font que se cacher arrière des phrases comme «vous ne savez pas qui je suis» ou «renseignez-vous sur votre interlocuteur».
Son désaccord n’a pas été chargé à la politique et à ses rites infructueux, mais plutôt consigné à l’art capable de le transformer en communication pragmatique. 

Zanconato n’est pas nouvelle à Vigoleno ; elle a déjà exposée ses œuvres en deux occasions avec celles des garçons qui ont participé à ses laboratoires à moitié entre le créatif et le thérapeutique, toujours avec la joie de faire sortir du rien, c’est-à-dire d’objets de déchets et ordures, vie nouvelle, nouveaux impossibles personnages, incroyable vivacité dans la pâte des formes et des couleurs.

Cette année l’artiste court presque toute seule, même si ils ne manquent pas les témoignages de ses élèves, parce qu’elle propose une expo personnelle où il devient plus évident son très personnel style d’artiste, qui sait faire vivre de nouveau avec peu ou rien. Son «art pauvre», une sorte de «Trash Art», qui se sert de n’importe quoi pour le remoduler, n’est pas un minimalisme kitsch, au contraire laisse filtrer une formidable sensibilité qui communique des états émotifs primordiaux dans un parcours dessiné avec soin dans le favorable espace de l’Oratorio di Vigoleno. 

Il vaut la peine s’arrêter brièvement sur le style de l’artiste, qui fait trésor de la leçon de Marcel Duchamp quand il renversa l’urinoir en y écrivant «R. Mutt» et il inaugura l’art contemporaine parmi clameurs scandalisés et réactions violentes qui l’éloignèrent de l’exposition de la Société des artistes indépendantes de New York du 1917.
La nouveauté du «readymade», de la réutilisation des choses quotidiennes dans l’art posait de façon radicale la question de ce que c’était une œuvre d’art puisque n’importe quel objet pouvait entrer dans un musée. Certainement Duchamp fit table rase du pédantisme des critiques d’art, mais aussi il inaugura une révolution du langage parce qu’il fit comprendre que le significat d’une chose dépend surtout du contexte. 
Zanconato place sa poétique dans cette tradition artistique contemporaine; elle ne pas seulement repositionne dans l’espace des objets communs désormais épuisés, mais aussi elle les régénère jusqu’à les faire devenir quelque chose d’autre avec une tension formelle et esthétique qui fait apparaitre «artistique» ce que nous avons éliminé comme déqualifié et inutile.
La maîtrise de l’artiste consiste à transférer aux choses cette nouvelle tension avec une opération symbolique magistrale parce qu’il devient évident le processus de symbolisation de la pensée, quelque fois difficile à expliquer et à comprendre.
Le symbole est un objet qui, sur sa signification primaire, par exemple «chaise», il porte une deuxième signification plus complexe, comme par exemple «position de confort». C’est un peu comme le mont de «L’Infinito» de Leopardi qui n’est pas seulement une entité géographique, mais la barrière qui déclenche l’expérience de l’immensité.
Les objets de Zanconato perdent leur signification primaire de normal utilisation et ils acquièrent une signification symbolique de genre différent, c’est-à-dire du voyage, de la découverte, de l’espoir, de réaction, …
L’effet de défamiliarisation est ultérieurement fortifié par les inscriptions, qui ne désignent pas quelque chose de précis, mais souvent elles sont des caractères approchés au hasard pour une « Babel sémiotique » ouverte à mondes plus grands. Même quand il y a une citation d’un personnage important, comme dans le cas de l’œuvre qui est placée au centre de l’espace de l’exposition, les mots sont toujours un peu masqués pour inviter le public à la recherche et à s’arrêter.  
J’ai parlé longtemps sur le mécanisme symbolique de l’art, plus que sur les thèmes explicites de l’exposition et sur les intentions déclarées car l’art a le pouvoir de dire de plus de ce que l’artiste veux introduire. 
Sur la signification primaire d’une chaise cassée se greffe une quantité énorme de significations qui n’appartiennent plus seulement à l’artiste mais aussi des visitateurs qui regardent l’œuvre.  
La place de l’artiste dans le panorama contemporain n’épuise pas l’intention artistique de Zanconato qui a toujours marié sa verve créative avec sa sensibilité pédagogique. La présence dans l’exposition des œuvres de ses élèves est une exigence de sa créativité, qui ne se limite pas à la vision des spectateurs, mais elle se charge d’une tache éducative vis-à-vis des jeunes générations.

Il semble de retourner aux boutiques-écoles des anciens artistes. De cette façon Cimabue et Giotto, de cette façon Verrocchio et Michelangelo, de cette façon Michelangelo et Vasari, qui exécutaient les œuvres des commettants en employant leurs élèves. Sans nier la créativité des adolescents impliqués, il se sent dans les jeunes propositions l’inspiration du maître.
Zanconato brille quand elle montre les résultats  de son école, qui  ne se limite pas à une différente conception de l’art mais qui s’élargit au bien-être de la personne, comme si l’art soit un peu un processus thérapeutique d’éducation et de guérison de la conscience.   
C’est surtout pour cette qualité sincèrement artistique de transfiguration thérapeutique de la réalité que l’on a voulu que cette exposition soit reliée à l’initiative annuelle «Hommage à Max Ernst» de l’association culturelle «Vigoleno Borgo delle arti». La revue annuelle veut commémorer le passage à Vigoleno du grand peintre allemand naturalisé citoyen américain, qui aima ce Bourg et ici il réalisa le grand tableau «La foresta imbalsamata» (1933), aujourd’hui à la Menil Collection de Houston, et il créa beaucoup de frottages in exposition au Musée d’Orsay de Paris il y a quelques années.
Après le passage de nomes illustres liés à Ernst, comme Lucio del Pezzo, Enrico Baj, Maurice Henry, Jean Cocteau, on a voulu laisser de la marge à un personnage semi-inconnu, mais qui peut exhiber sa poétique sans avoir peur de la confrontation. 

L’œuvre de Zanconato témoigne avec force que n’est pas finie l’époque du rêve surréaliste, inaugurée de Ernst, au contraire il semble désormais évident, pendant ce temps fragmenté et désorienté, qu’il y a encore de la place pour le rêve éveillé, que la réalité quotidienne ne suffit plus et que tant qu’il y aura un homme ou une femme il faudra toujours réinventer le monde.